
Je veux revenir sur le drame meurtrier de deux fillettes, qui s'est produit la semaine dernière dans un quartier chic de Laval. Un quartier où les fils d'Hydro sont enfouis. Un quartier où on peut apercevoir des caméras de surveillance installées sur les murs de ces imitations de Châteaux de la Loire. Ce qui détonnait dans ce quartier, quand j'y suis allé, c'était les deux toutous roses déposés par un voisin devant la maison du drame. Toute l'histoire de mon collègue Hugo Meunier
est ici.

Notre mission était de faire ce qu'on appelle le
follow. À chaque fois, comme photographe, on se bute aux même réactions d'incompréhension des voisins, des policiers, des professeurs qui enseignaient aux victimes... On se concentre sur les réactions pour faire ressortir le malaise qui habite tout le monde. Moi y compris.
Cette dame, une éducatrice spécialisée de l'école que fréquentaient les deux petites, s'apprêtait à publier un livre inspiré par elles. L'histoire de deux petites filles qui n'ont pas vu leur père depuis 2 ans et qui s'ennuient le lui.
À chaque fois, ces histoires-là me touchent énormément. On est connecté sur de l'émotion pure, très forte.
Je me suis retrouvé au Palais de Justice de Laval pour la comparution de la mère, qui est la principale suspecte. Elle est détenue, ça veut dire qu'elle ne parade pas devant les caméras. On ne la verra jamais. Son avocate (c'est elle sur la photo) a demandé au juge, sans grande surprise, une évaluation psychiatrique pour sa cliente.